Tiens si je me faisais une p’tite ligne ? Voire même un p’tit texte complet ?
Pas sûr que je sache vraiment à l’avance quel en sera le sujet, mais c’est pas grave. Tant de choses à dire qu’elles iront bien pelle-mêle. Et à propos de pelle, pourquoi pas la neige ? Il reste affligeant de constater, année après année, et bien qu’on sache la météo de plus en plus fiable, que les services de la DDE sont toujours moins réactifs.
Connaissant l’heure d’apparition des premiers flocons en fonction de l’arrivée normande de la perturbation, « quelqu’un » aurait pu décider des horaires appropriés de salages préventifs des axes importants. Ben non. A contrario, ce sont les petites rues adjacentes, en tous cas chez moi, qui en ont bénéficié les premières. Alors, en confiance, on va jusqu’à la Nationale à quatre voies, et là, paf ! Tapis blanc. Je ne sais pas si vous avez un jour roulé, à deux sur une moto pesant 280 kilos à sec (soit poids total roulant 460 kg) sur une couche de neige, avec un trafic dense… c’était coton. Ligne blanche, coton blanc, déneigement… on reprend le cours du texte.
Je suis parvenu à transporter mon colis (j’en ai déjà marre de l’appeler Richard, alors rendons-lui son identité : Julien) jusqu’à son rendez-vous, malgré les glissades rattrapées. A l’arrivée, il a fallu relever la moto deux fois, on avait vingt minutes de retard, comme tout le monde, ce qui n’a pas remis en cause ledit rendez-vous, au fond. Le temps de garer la moto « proprement », je décide qu’on la laissera là et qu’on rentrera à la maison en train. Chance : nous sommes à côté de la gare, sur la même ligne. Et tant pis pour le deuxième rendez-vous, celui avec l’addictologue. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va changer de molécule pour ses anti-dépresseurs notoirement inefficaces. Je parle de la venlafaxine.
Retour maison à 11 heures, la neige a arrêté sa chute.
15 heures : ma chérie ne va pas tarder à rentrer du boulot, et je me dis, puisque la route est dégagée (sans doute), qu’on pourrait refaire le trajet de ce matin pour ramener la moto. Ça craint un peu, Sarcelles, pour les motos solitaires à l’arrêt sur un trottoir. Mais entre-temps il se remet à neiger. Lorsqu’elle arrive, elle me dit qu’elle a roulé tout à fait normalement, à 95 km/h, et que c’est OK. Mais qu’on ferait bien d’y aller sans attendre. Effectivement, fallait pas attendre une minute de plus. J’ai réussi à ramener la moto, dix kilomètres à trente à l’heure avec mon Chouchou derrière et tant pis pour ceux qui suivent, mais je n’aurais certainement pas pu remonter la côte jusqu’à la nationale ne serait-ce que cinq minutes plus tard. Le but du jeu consistant à démarrer (en seconde avec un embrayage mort), de garder les deux pieds par terre, et de ne surtout pas s’arrêter jusqu’en haut de la montée, sous peine de ne jamais repartir.
Et au milieu du trajet, sur la nationale, j’ai commis une erreur qui aurait très bien pu mal tourner : j’aurais pu me faire percuter par la voiture de ma chérie. En voulant allumer mes warnings, j’ai aussi actionné le coupe-circuit général. Le temps que je réalise et le rallume, la moto était déjà retombée à 15 km/h, juste au-dessus de la limite du débrayage automatique (oui, c’est une moto semi-automatique, une FJR 1300 pour les connaisseurs, comme celles des gendarmes). Bien sûr je n’ai pas touché les freins, et j’ai eu de la chance que le moteur reprenne tout de suite la motricité. Sinon, chute, Chouchou aurait freiné, elle se serait fait rentrer dedans par l’arrière et aurait été reprojetée sur moi. Enquête. Avez-vous voulu assassiner votre mari ?
Bon je blague, mais le danger est certain, de vouloir à toute force honorer un rendez-vous chez le psy pour quelqu’un d’autre ! J’aurais dû renoncer dès le matin. Oui, mais c’est de la faute à notre Maire, que je serai obligé de réélire, aussi. S’il n’avait pas fait saler les petites ruelles, je ne serais pas allé jusqu’à la nationale. Arrivé, là, autant tenter le coup, « on verra bien ».

Bon, en vrai j’avais plutôt envie de parler de la dépression de Julien. Mais je vois que le thème WordPress que j’ai choisi là n’est pas du tout adapté au style de billets que j’ai envie de publier.

Donc je vais tenter d’en changer, pour quelque chose d’un peu plus simple, avec une colonne principale plus large. Mais pour faire bonne mesure, je vais quand même faire un petit copier-coller d’un commentaire que j’ai déjà publié sur son blog à lui, et que j’aimerais bien qu’il relisasse. Si, si, relisasse :

Voilà qui mérite un gros commentaire ! Mais je ne sais pas si je vais avoir le temps, parce que là, tu vois, je vais devoir aller au boulot. Et en fait, si tu pouvais faire comme moi, ça t’éviterait peut-être de te monter des films de flippé en tabassant ton clavier à des heures improbables, ce qui trouble le sommeil des braves gens qui peuplent ta maison à des six heures du matin !!! Merde alors. Qu’ensuite tu dises que tu vas « essayer » de dormir et qu’on te retrouve dans ton lit avec le casque de l’iPod sur les oreilles et la playlist en boucle ! Tu le fais exprès ou quoi ?
Et d’abord est-ce que tu as parlé à ton addicto de tes hypoglycémies, à 0,53 g/l alors que tu avais bu un (ou plusieurs) cafés sucrés deux heures avant ? Vu que c’est tes parents qui prélèvent ton sang… ils sont pas mal placés pour savoir, eux.
Allez, la suite.
Le spectre de la prison n’a sûrement pas provoqué ton « entrée en dépression ». C’est exactement le contraire : c’est la dépression qui a provoqué ce montage de ton cerveau : aucun tribunal ne t’enverra en prison, pour un premier délit routier avec accident provoqué sans dommages corporels. C’est un film que tu te fais.
De plus, le tribunal ne te reprendra pas ton permis, c’est une peine que tu as déjà purgée. Quatre fois, si je ne m’abuse. Le fait que tu habites chez tes parents t’a permis de subir cette peine dans un relatif confort, mais a aussi provoqué de ta part un repli sur toi-même de plus en plus marqué, et je ne parle pas seulement ici du comportement addictif. Mais entre autres choses, nous (tes parents) pensons parfois qu’on ne te rend peut-être pas le meilleur service en te laissant le gîte, le couvert, l’eau, l’électricité, internet et tout ce qui s’ensuit comme papotage online. Tu me suis ?
Et si le tribunal te condamnait, ce dont je doute, à une peine de TIG, je ne suis pas sûr que je pleurerais.
Bon, pardon, mais là tu m’as un peu énervé.
Je suis heureux de tes trois mois bientôt, et ça mérite tous les encouragements. ensuite, le fait que ton traitement psychiatrique puisse être assez agressif pour ton foie au point de simuler certains symptômes de l’alcoolisme, ça faisait partie des risques, ils seront amplement contrebalancés par le CDTec et un certificat médical. Tu récupéreras ton permis, et on fera tous les efforts qu’il faut pour que tu puisses t’en servir. Mais il faudra que tu fasses un pas supplémentaire : trouver un boulot.
Par rapport à la société Autographique, là aussi il faut être clair : il va sans doute falloir en passer par une liquidation. La Taxe Professionnelle n’étant pas encore abolie, on a encore 421 euros à payer, c’est-à-dire la moitié du capital qui nous reste. Je sais que c’est pénible, mais les choses n’arrivent pas toutes seules, et nous ne sommes pas en mesure de trouver la clientèle, ça, on ne sait pas faire.
Pour conclure, si tu veux, prends-toi pour le fils non désiré de Monsieur Regard des Autres et de Mademoiselle Image de Soi, qui ont en ce moment quelques scènes de ménage. Les enfants n’aiment pas les conflits entre leurs parents. Ça leur fait du mal.
Comme on ne peut plus éditer les commentaires, je vais prendre soin de faire un copier-coller de celui-ci, au cas où j’aurais besoin d’y revenir, voire de le structurer un peu mieux, parce que là, faute de temps, je l’ai balancé d’un jet et je ne sais pas si tout est bien construit… Pardon d’avance,
Et attention aux interprétations !!!

C’est un personnage secondaire d’une histoire plus vaste.
Un de ces soi-disant médecins dont la préoccupation première n’est certainement pas d’apporter son soutien ni son aide aux gens qui le consultent. Un personnage qui, bien que secondaire, est capable de maintenir sous l’eau la tête de quelqu’un qui se noie. Un assassin, donc.
On a compris, je vais faire de la pub pour un fichu connard, et pourtant je n’en suis pas moi-même la victime. Ce n’est pas non plus le premier que je croise. J’aimerais simplement que les gens qui ont besoin d’aide, voire de soutien moral, évitent soigneusement cet endroit.
Chez lui c’est glauque. En fait, je n’avais tout d’abord pas voulu m’arrêter à ce genre de détail. J’avais trouvé pratique le fait qu’un ORL soit capable de proposer trois heures de rendez-vous différentes pour le jour même. Je ne voulais pas voir que plus un médecin est « bon », plus il est surbooké et plus les rendez-vous sont lointains. Et même j’étais prêt à penser que son installation était récente.
Cela se passe dans la bonne ville d’xxx (mais toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé ne sera aucunement le fruit du hasard). Admettons que c’est en grande banlieue nord, et qu’on y joue bien au ping-pong. Je crois qu’il n’y a pas beaucoup d’ORL, dans cette bonne ville.
J’avais accompagné le lundi après-midi l’un de mes résidents, qui le fréquente assez régulièrement pour des nettoyages consécutifs à une otite chronique cavitaire. Appelé le matin, rendez-vous l’après-midi, on m’avait attribué l’accompagnement sachant que ce jour-là nous étions deux infirmiers en poste.
Salle d’attente : des carrés de moquettes élimés, marron, qui dégagent cette odeur caractéristique d’acariens qui festoient depuis de nombreuses années, jamais dérangés par le moindre shampooing. Le cabinet en lui-même n’est guère plus encourageant : un coin bureau pour les entretiens, les prescriptions (et surtout les règlements), et un secteur « soins » dominé par une haute et lourde chaise orientable, un scialytique et une grosse console où sont entreposés les instruments. Ces derniers surmontés d’un rouleau de Sopalin®. Odeur moins soutenue que dans la salle d’attente. De temps en temps on fait le ménage. Je me prends à espérer qu’on fait aussi de temps en temps le ménage sur cette console, où s’entassent, s’empilent, se télescopent des centaines d’embouts pour otoscope, de speculums, pas mal de boîtes d’instruments, dans un joyeux foutoir. Je me demande au passage si tous ces embouts sont bien à usage unique. Le Sopalin, lui, sert beaucoup.
Quant au spécialiste en oto-rhino-laryngologie, un petit Monsieur à la quarantaine légèrement dégarnie et blonde, mince et sèche, le moins qu’on puisse dire est qu’il ne dégage pas une impression de grande chaleur humaine. Mais il fait son boulot. Je n’ai rien à dire sur ce point. Juste que son cabinet n’est pas trop net.
Alors je finis par oser. J’avoue que j’ai bien hésité, mais enfin, j’ai cet ami, là, que je vais appeler Richard, qui traîne une mycose buccale depuis un an, dont les multiples traitements anti-fongiques ne sont pas arrivés à bout. Il a besoin d’une consultation, et l’occasion est trop belle, on aurait dit que cet accompagnement impromptu était arrangé pour ça. Il veut bien me donner rendez-vous pour le jeudi suivant à 10 heures et me demande de lui résumer le problème. Devant la personne que j’accompagne, en toute discrétion. Alors j’expose, moi aussi assez discrètement, et j’ajoute qu’il s’agit d’un contexte de sevrage alcoolique, que mon ami est abstinent, et qu’en outre il est professeur de batterie et éprouve le besoin de faire un bilan de son audition.
La suite est extrêmement détestable, mais c’est mon ami Richard qui me l’a racontée, puisque je n’ai pas assisté à cette consultation-là.
—Oui, j’ai arrêté de boire depuis trois mois, je suis suivi en addictologie au CH d’Eaubonne
—Ouais, on sait bien que vous y retournez tous, hein… Et pourquoi vous voulez faire l’audiogramme, exactement ?
—Ben, pour savoir où j’en suis…
—Mais ça va servir à quoi ?
—A faire le point, quoi
—Oui, bon, vous avez perdu un peu dans les aigus, vous n’avez qu’à acheter une batterie électronique, ça fait moins de bruit…
A quel moment a-t-on oublié qu’il s’agit d’un professeur dont l’enseignement de la batterie constitue le gagne-pain, et qu’une bonne audition est un peu nécessaire pour continuer à exercer ?
Le dernier point à propos duquel mon ami a eu un peu envie de baffer l’abruti tournait autour de réflexions plus ou moins déplacées à propos de CMU, qu’il ne faisait pas de télétransmission et allait être obligé de faire la feuille d’honoraires à la main… Le pauvre et sombre imbécile.

Je ne peux pas localiser mieux ce bon Docteur Salcon, ORL dans une petite ville du nord parisien réputée pour son club de tennis de table, mais j’espère que ce billet lui fera un peu de pub. Il le mérite amplement, tout comme il mériterait bien son pain quotidien. Dans les dents.
Qu’il sache qu’on parle de lui auprès de ses confrères. Et on en connaît.

En relisant mon billet précédent, je (re)découvre quelque chose : l’impact du temps consacré à l’expression d’une idée sur l’idée elle-même. Je réalise que ce que j’ai écrit ne correspond pas, entièrement du moins, à ce que j’avais en tête au moment de commencer à rédiger. Lorsqu’on écrit, les torrents de la pensée ne s’arrêtent pas pour autant. Pourtant je fais partie des gens qui ont poussé assez loin leur vitesse de frappe à dix doigts et selon la méthode Foucher. De même je ne perds pas forcément de vue la fin de ma phrase même lorsque j’entame une longue parenthèse. Mais arrivé à la fin, je ne suis pas sûr d’avoir transcrit exactement ce que je voulais. Et même, je suis sûr du contraire.
Il y a un gros sacrifice à faire : se contraindre à ralentir le processus idéatif ou taper encore plus vite. Les deux sont impossibles, et il reste entre l’idée de départ et la phrase finale des trous, des fissures, des raccourcis, des hiatus inexprimables, que j’ai beaucoup de mal à accepter. Fais un effort, paper0, ne renonce pas à tenir ce blog. Au final, tu en diras bien assez long.

C’est le titre de la catégorie qui reste à décrypter. Pour le reste, voici une réponse en forme de billet, ou plutôt un billet en forme de réponse…
Dédié à Cath, une sorte de coreligionnaire qui administrait les grands lavements en service fermé les mercredis. Une infirmière qui ne regrette pas de ne plus l’être, de la part d’un autre qui aurait bien aimé cesser aussi.
J’ai, l’année dernière et à la faveur d’un héritage, arrêté totalement de bosser, pour me consacrer à la société de graphisme/webdesign que j’ai fondée avec Chuck.hc. Quand des gens sont venus transformer les soldes de mes comptes en zéro absolu, j’ai dû m’y remettre, mais je dois dire qu’à moi non plus ça ne manquait pas. M’y revoilà, alors je fais avec.
C’est vrai qu’écrire est d’abord un plaisir solitaire. Être lu répond à l’angoisse du regard des Autres. En tant que mère maquerelle des mots que j’aime à marier, voici l’histoire que je propose : Monsieur Regard des Autres rencontra un jour Mademoiselle Image de Soi. Ils se marièrent et eurent de nombreux petits billets sur le web. Advint ce qui devait : l’un d’eux prit le Pouvoir. Monsieur Regard des Autres rédigea pour être lu, et recevoir un jugement, de préférence négatif. Bien sûr il en conçut de la frustration, et pour bouder, confia ses billets à son épouse, qui n’avait cure d’être jugée et aimait plus que tout se livrer à des exercices de style pleins de licence, ce que Monsieur trouvait parfois léger. Alors les billets ne furent plus que jolis, ce qui engendra une nouvelle frustration.
Mais un jour ils firent un bilan, et à nouveau se réunirent pour qu’enfin nul, du fond ou de la forme, n’ait plus jamais préséance.
J’aimerais que ce lieu soit le petit-fils du couple originel. Garder voisins la profondeur et la légèreté.
J’aime bien ce que j’écris, et cela me procure du plaisir. Par contre je tiens à ce que chaque phrase ait un contenu, dont le plaisir plus subtil pourrait durer plus longtemps.
J’aimerais bien, aussi, qu’on recommence à vider les intestins des psychotiques. Peut-être pas à date fixe ni au bock. Mais bon sang, ça ne prend pas longtemps, un petit Normacol® !
;) ;) ;) ;) ;) ;)

J’ai une question. Toute personne compétente et/ou habilitée est cordialement invitée à m’éclairer. Voilà : la dernière campagne de la SPA, qui passe actuellement, nous fait bondir d’un seul coup vers les réclames des années soixante, à l’entr’acte des cinoches. Jusqu’à la voix off, dont on dirait celle d’un septuagénaire récemment diplômé d’une école de diction. Est-ce du premier, du deuxième, voire du troisième degré ? J’ai du mal à situer ce spot dans la sphère actuelle des créatifs de pub. L’agence de com qui a pondu ce truc a-t-elle cherché à créer un événement ? Moi je ne l’ai encore vue que deux fois, mais déjà elle me fascine dans ce qu’elle a de décalé, et je suis incapable de déceler le moindre clin d’œil, vous savez, celui qui dit « Ne vous inquiétez pas, cette Traction Avant est en 3D, on n’en trouvait pas une vraie, on l’a intégrée dans le compositing avec After et un bon tracking »… Sinon les gars (de la SPA), même si vous n’avez pas beaucoup de sous, je suis sûr que moins ringard, il y a… Même le petit Jean Mineur il a grandi avec sa pioche.

(Edit plusieurs semaines après) Il y a erreur. C’était pas la SPA. J’ai revu ledit spot, en faisant attention à l’annonceur. Il s’agissait de la Fondation Assistance aux Animaux, qui organisait une campagne pour l’adoption à la porte de Versailles. On y voyait de braves toutous sympathiques mais tout moches supplier le bon téléspectateur, sur un fond vert magnifiquement uni. Terrible. Mais pas de quoi fouetter un chat, bien sûr. C’était juste pour parler, quoi.
Jamais pu retrouver la vidéo nulle part, sinon je l’aurais embeddée. Oh le joli mot !

Je me présente : Dr Caca, infirmier à la masse et expert en transits ralentis.
Aujourd’hui je vous parlerai des effets des traitements psychiatriques, destinés à induire une sédation psychique. De même que pour les opiacés, ainsi que les antalgiques « morphin-like » comme le tramadol, ces produits agissent sur le système nerveux central. Sans parler des effets addictogènes, ni de l’action sur les centres du plaisir, tous ces produits sont des ralentisseurs. On se préoccupe, noblement, des contre-indications portant sur l’insuffisance respiratoire. Très bien, mais je soulèverai ici deux problèmes, quitte à les reposer si aucune réponse satisfaisante (et je pèse mes mots !) ne vient me soulager (et je les re-pèse !) :
1. Quand trouverai-je sur mon chemin un psychiatre qui n’aura pas oublié qu’il a fait de la médecine « en général », et qui saura prescrire en même temps que ses neuroleptiques et autres anxiolytiques, les laxatifs au long cours nécessaires pour compenser cet effet indésirable : ne pas arriver à chier ! Rappel : ce qui ralentit la tête ralentit aussi les autres fonctions. Et il y en a marre de devoir aller faire évacuer les fécalomes de nos malades « psy » aux urgences avec une régularité angoissante. Pensez-y. Également, rappelez-vous qu’un des symptômes les plus fréquents du fécalome est la diarrhée. S’il vous plaît, sachez reconnaître que 99 % des diarrhées présentées par un malade ou handicapé psychiatrique traité sont des « fausses » diarrhées, dont la physio-pathologie est des plus simples, et arrêtez de leur faire manger du lopéramide ! C’est une catastrophe. Et d’ailleurs on devrait interdire la pub pour cette molécule. Point-barre.
2. Comment accepter que pour donner du macrogol et/ou du lactulose, laxatifs inoffensifs, que n’importe quel semi-gogol jouissant de la liberté d’aller et venir peut se procurer à la pharmacie du coin, je doive, moi qui ai fait trois ans d’études sanctionnées d’un diplôme d’état, obtenir d’abord une prescription médicale ? J’explique la difficulté parce qu’on pourrait ne pas comprendre : j’exerce dans une institution publique où le poste de médecin généraliste est vacant depuis déjà longtemps, et je n’ai pas le droit de demander ce type de prescription à notre psychiatre (il le ferait volontiers, mais il y a des problèmes de déontologie qui nous emm…). Il faut par contre que j’organise une sortie avec accompagnateur chez un généraliste de ville, et cet accompagnateur ne peut pas être moi-même, puisque pour être missionné nous devrions être deux infirmiers. Tout ça pour un pet de travers !
Je sais bien que ma profession évolue actuellement, avec une lenteur toute sénatoriale en fait, et donc qu’un jour ça changera. Je sais bien que déjà on peut (en libéral) prescrire trois compresses pourvu qu’elles aient d’abord été prescrites par un médecin, mais c’est triste, quoi. En être réduit à demander confidentiellement aux familles d’aller acheter en loucedé des laxatifs… Je suis triste. et le pire, c’est que je sais bien pourquoi ça ne change pas plus vite. D’ici que ma profession ait été purgée de tous ses sous-doués… (Ah vous me dites qu’il y en a aussi chez les chirurgiens et les médecins ??? Ah bon ?! Ouais, mais eux, ils ont le permis de tuer, donc… on la ferme.)
Donc, pour faire mon rebelle, je n’ai aucun état d’âme. Si, à quatre ans de la retraite, on vient me faucher mon DE parce que j’aurai administré sans prescription médicale des laxatifs inoffensifs à des gens qui en ont besoin, alors allons-y, je saurai me défendre, en premier lieu contre les frileux de la prescription qui n’assument pas les effets « sous la ceinture » de leurs molécules zen.
On ne va pas s’énerver. Si une collègue a envie de commenter, you’re welcome. Petit détail : J’ai connu à peu près TOUTES les formes d’exercice de la profession d’infirmier, depuis le libéral en passant par les urgences, la réa et tout ce qui s’ensuit, le palliatif, etc, et les EHPAD. Je n’ai pas d’œillères. Juste ça fait des décennies que j’essaie de changer de métier sans y parvenir.

Impossible Chronique
février 2012
L Ma Me J V S D
« jan    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829