Archive pour la catégorie ‘Usure’

Ce petit billet est destiné à celui qui ne manquera pas, un jour ou l’autre, de « tomber » là-dessus, soit par hasard parce que j’aurai laissé échapper de quoi m’identifier, soit parce qu’il aura bien cherché, et alors il trouvera.
Il lira avec les yeux de la haine au pire, avec ceux du mépris au mieux.
Je ne compte pas modifier ce parti pris avec ce seul paragraphe. Ni avec les suivants. C’est FINI.

A moins que.

Voici que Julien se met à jouer avec les expressions. Normal. Dès qu’on se met à écrire, l’effet miroir se fait jour. Si toutefois on se relit. Et dans un miroir, on peut réfléchir…

Vous ne lisez pas assez en profondeur ce que j’écris. Vous, c’est-à-dire mes deux lecteurs et demi, ce dernier n’étant pas identifié, du moins à ce jour.

Il peut paraître curieux qu’un garçon qui s’exprime presque uniquement à base de fautes d’orthographe et de syntaxe s’intéresse aux expressions de la langue française, alors que ses textes, livrés au public, laissent penser qu’il ne prend même pas la peine de se relire, ni bien sûr de se préoccuper d’être lisible. C’est vrai, j’ai du mal : on dirait que ce gars-là ne me respecte pas, et qu’il me laisse toute la vaisselle après s’être assuré que lui-même ait bien mangé. J’ai, pendant quelque temps, repris ses phrases pour qu’elles tiennent debout ["tenir debout"], et puis j’ai vu combien cela m’occupait, sans pour autant que ça ne l’aide vraiment, lui.

(Un peu comme des parents qui continuent à nourrir leur rejeton au-delà du moment où il aurait dû prendre son indépendance.) (Mais ceci n’était « qu’une parenthèse ».)

J’ai par contre déjà utilisé deux fois un mot-clé que je trouve intéressant : OCCUPER. Oui, en cherchant on trouve aussi « préoccuper ». C’est là-dessus que je glose en ce jour.

Savez-vous que j’ai mis quarante-huit (48 !) heures pour écrire les vingt lignes qui précèdent ? Ce n’est sûrement pas parce que je tape lentement. C’est plutôt parce que je suis un homme occupé. Au sens de territoire occupé par des armées d’occupations. (Encore une fois, mes fautes à moi sont voulues, elles donnent du sens en sus).

Je suis préoccupé par la dépression de Julien, par le harcèlement moral subi par ma femme à son boulot, qui fera l’objet, j’espère bientôt, d’un billet, et je suis occupé de nombreuses manières par ces préoccupations. Ah, oui, il y a aussi mon boulot.

Je n’en veux à personne pour m’occuper de la sorte, mais il s’ensuit nécessairement pas mal de frustration. Et quand est-ce que moi je fais MES choses ? Réponse : quand je m’enlèverai les doigts du cul. Parce que j’ai quand même encore du temps libre, et qu’en fais-je ? Je fais la sieste avec les docus de la Cinq, ou je regarde des tutos sur After Effects sur le web. Et le pire, je me contente de les regarder, sans les reproduire, ce qui fait qu’au bout du compte ils ne me servent à rien. A aucun moment je n’entreprends mes propres œuvres, et à cela deux raisons : j’ai conscience de n’avoir pas le temps d’arriver au bout, et, surtout, je suis programmé pour avoir conscience que ce que je fais, c’est, au mieux sans intérêt, au pire de la crotte de marmotte. Sentiment chaque fois renforcé lorsqu’un spectateur éventuel (que j’évite soigneusement) me fait un commentaire ironique qui me disqualifie instantanément. En réalité c’est probablement moi seul qui y vois de l’ironie… Il est vrai que je n’ai pas forcément les mêmes goûts artistiques que lesdits spectateurs, mais que je leur accorde à eux, a priori, plus de crédit qu’à moi-même. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, donc.

En fait, je me plains d’être occupé comme alibi pour ne pas faire les choses que pourtant j’adore faire-mais-que-je-n’ai-pas-le-temps-de-faire. Quelles choses ? Bof, presque rien : des visages animés en 3D avec rendu photo-réaliste, des animations-montages vidéo avec post-prod intéressante, bancs titres animés et même textes (animés), bref plein de « trucs » qui me prendraient, en fait, des jours entiers, voire des semaines, à réaliser. Sauf que ce serait une occupation contre une autre. Les gens qui connaissent un peu le monde de la 3D savent que ça prend une vie.

Comme tout le monde, je fais des petits trucs dans les trous, et j’attends la retraite en sachant que je ne ferai sans doute rien de mieux. Puisque quoi qu’il arrive, je me débrouillerai pour être encore occupé par ceci-cela.

Je suis occupé parce que je le veux bien. Par le passé, les seules fois où ma patience s’est tarie, je me suis contenté de partir. Ici, je me sens toujours bien et j’espère ne jamais avoir envie de partir. J’écris cela juste pour renforcer quelque chose, de l’ordre de l’affirmation de mon amour pour les gens qui m’entourent et me le rendent bien, et auxquels je pardonne le fait de m’occuper. Puisque je m’occupe tout seul, sans qu’on me le demande.

Quatrième jour de rédaction de cet article. 8 heures.

Occupations de ce jour : Moto-taxi pour emmener Julien voir son psy, rendez-vous du jeudi à 8 heures 45, départ dans une demi-heure. Suivi de deux heures de queue à la sous-préfecture de Sarcelles, pour essayer une troisième fois de récupérer son permis. Qu’est-ce qu’ils vont inventer cette fois-ci ? Une bouteille d’acide renversée par mégarde dans la nuit juste dans le bac où il se trouve ? (Il faut que je raconte ça un jour, encore un truc « à faire » pour m’occuper). Ensuite, retour dans la région. Selon l’heure, arrêt vraisemblable pour s’acheter deux grecs chez le grec. Puis  retour maison, manger, doucher, raser, et, enfin, aller au boulot ! La joie. Fin vers 21 heures 15.

Et vous voulez que je fasse des billets quand ?

Que Dieu ou qui vous voudrez vous occupe. Ça, c’est de la thérapie.

Addendum de 11 heures :

Ben finalement non, j’ai foiré le scénar. Les ordinateurs de la sous-préfecture fonctionnaient, il n’y avait pas 72 mètres de pré-queue sans ticket ni 150 personnes en queue avec ticket. Et le permis de Julien n’était pas dissous. Il est beau, il est neuf. Toutefois  il a un peu plus d’un mois d’arnaque  puisqu’ils n’ont pas pour autant prorogé la durée de validité.
Au final on est sortis à 9 h 45, petit passage à la pharmacie pour son polystyrène expansé jaune (Zyprexa®), et retour maison à 10 h 15.
Me reste donc 3 h30 de calme, mais toujours pas de quoi entreprendre un (grand) projet.

Tiens, m’en vais regarder des tutos en pdf sur zBrush 3.5 R3. Ça changera d’After.

C’est un personnage secondaire d’une histoire plus vaste.
Un de ces soi-disant médecins dont la préoccupation première n’est certainement pas d’apporter son soutien ni son aide aux gens qui le consultent. Un personnage qui, bien que secondaire, est capable de maintenir sous l’eau la tête de quelqu’un qui se noie. Un assassin, donc.
On a compris, je vais faire de la pub pour un fichu connard, et pourtant je n’en suis pas moi-même la victime. Ce n’est pas non plus le premier que je croise. J’aimerais simplement que les gens qui ont besoin d’aide, voire de soutien moral, évitent soigneusement cet endroit.
Chez lui c’est glauque. En fait, je n’avais tout d’abord pas voulu m’arrêter à ce genre de détail. J’avais trouvé pratique le fait qu’un ORL soit capable de proposer trois heures de rendez-vous différentes pour le jour même. Je ne voulais pas voir que plus un médecin est « bon », plus il est surbooké et plus les rendez-vous sont lointains. Et même j’étais prêt à penser que son installation était récente.
Cela se passe dans la bonne ville d’xxx (mais toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé ne sera aucunement le fruit du hasard). Admettons que c’est en grande banlieue nord, et qu’on y joue bien au ping-pong. Je crois qu’il n’y a pas beaucoup d’ORL, dans cette bonne ville.
J’avais accompagné le lundi après-midi l’un de mes résidents, qui le fréquente assez régulièrement pour des nettoyages consécutifs à une otite chronique cavitaire. Appelé le matin, rendez-vous l’après-midi, on m’avait attribué l’accompagnement sachant que ce jour-là nous étions deux infirmiers en poste.
Salle d’attente : des carrés de moquettes élimés, marron, qui dégagent cette odeur caractéristique d’acariens qui festoient depuis de nombreuses années, jamais dérangés par le moindre shampooing. Le cabinet en lui-même n’est guère plus encourageant : un coin bureau pour les entretiens, les prescriptions (et surtout les règlements), et un secteur « soins » dominé par une haute et lourde chaise orientable, un scialytique et une grosse console où sont entreposés les instruments. Ces derniers surmontés d’un rouleau de Sopalin®. Odeur moins soutenue que dans la salle d’attente. De temps en temps on fait le ménage. Je me prends à espérer qu’on fait aussi de temps en temps le ménage sur cette console, où s’entassent, s’empilent, se télescopent des centaines d’embouts pour otoscope, de speculums, pas mal de boîtes d’instruments, dans un joyeux foutoir. Je me demande au passage si tous ces embouts sont bien à usage unique. Le Sopalin, lui, sert beaucoup.
Quant au spécialiste en oto-rhino-laryngologie, un petit Monsieur à la quarantaine légèrement dégarnie et blonde, mince et sèche, le moins qu’on puisse dire est qu’il ne dégage pas une impression de grande chaleur humaine. Mais il fait son boulot. Je n’ai rien à dire sur ce point. Juste que son cabinet n’est pas trop net.
Alors je finis par oser. J’avoue que j’ai bien hésité, mais enfin, j’ai cet ami, là, que je vais appeler Richard, qui traîne une mycose buccale depuis un an, dont les multiples traitements anti-fongiques ne sont pas arrivés à bout. Il a besoin d’une consultation, et l’occasion est trop belle, on aurait dit que cet accompagnement impromptu était arrangé pour ça. Il veut bien me donner rendez-vous pour le jeudi suivant à 10 heures et me demande de lui résumer le problème. Devant la personne que j’accompagne, en toute discrétion. Alors j’expose, moi aussi assez discrètement, et j’ajoute qu’il s’agit d’un contexte de sevrage alcoolique, que mon ami est abstinent, et qu’en outre il est professeur de batterie et éprouve le besoin de faire un bilan de son audition.
La suite est extrêmement détestable, mais c’est mon ami Richard qui me l’a racontée, puisque je n’ai pas assisté à cette consultation-là.
—Oui, j’ai arrêté de boire depuis trois mois, je suis suivi en addictologie au CH d’Eaubonne
—Ouais, on sait bien que vous y retournez tous, hein… Et pourquoi vous voulez faire l’audiogramme, exactement ?
—Ben, pour savoir où j’en suis…
—Mais ça va servir à quoi ?
—A faire le point, quoi
—Oui, bon, vous avez perdu un peu dans les aigus, vous n’avez qu’à acheter une batterie électronique, ça fait moins de bruit…
A quel moment a-t-on oublié qu’il s’agit d’un professeur dont l’enseignement de la batterie constitue le gagne-pain, et qu’une bonne audition est un peu nécessaire pour continuer à exercer ?
Le dernier point à propos duquel mon ami a eu un peu envie de baffer l’abruti tournait autour de réflexions plus ou moins déplacées à propos de CMU, qu’il ne faisait pas de télétransmission et allait être obligé de faire la feuille d’honoraires à la main… Le pauvre et sombre imbécile.

Je ne peux pas localiser mieux ce bon Docteur Salcon, ORL dans une petite ville du nord parisien réputée pour son club de tennis de table, mais j’espère que ce billet lui fera un peu de pub. Il le mérite amplement, tout comme il mériterait bien son pain quotidien. Dans les dents.
Qu’il sache qu’on parle de lui auprès de ses confrères. Et on en connaît.

Bon, faut que je me lance. Cet article n’a pas vocation à être intéressant, pas plus en fait que son auteur. Et la structure même d’un blog comme celui-ci fait que les anciens billets tomberont dans l’oubli dès qu’ils passeront le cap de l’archivage. Alors pas besoin de se creuser le citron pour faire jaillir l’inoubliable fulgurance, on s’attaque à un moulin à vent bien connu : de nos jours, même les écrits s’en vont.
Non, j’avais juste besoin de publier un premier billet, tout creux, de manière à permettre à quelqu’un d’établir un backlink sur une autre page. Ami lecteur, sauras-tu la trouver ?
A ce stade, « mon » blog ne me plaît pas (encore). J’ai besoin de revoir de nombreux éléments de mise en forme pour satisfaire mes exigences personnelles. Mais on verra ça au fil de la pratique. Pour l’instant ce blog n’est pas assez « mon ».
Et déjà une occurrence du mot « forme »qui intervient : on l’a vu en sous-titre, je suis un peu tiraillé entre le corps de ce que j’ai besoin de dire, et ce que je crois être l’impérieuse nécessité de le dire de l’idoine façon.
Donc dans le coin, je parlerai de tout et n’importe quoi. Mais bien. Je dirai de grosses bêtises bien emballées, ainsi que de profondes pensées travesties en plaisanteries de plus ou moins bon goût. Qu’on ne s’y trompe pas, tout a de la valeur, et en même temps rien n’en a.  Ambivalence totale et assumée, entre « la vie ne vaut rien et rien ne vaut la vie ».
Oh, je sais, je n’ai rien inventé, sinon ma propre vie. Donc rien d’extraordinaire.

Bon, et d’une : si je suis sensible à la forme qui habille un texte, que ce soit en terme de vocabulaire, de tenue grammaticale ou d’élégance stylistique (ouais c’est ‘plètement naze c’te connerie, ach’ment élégant et tout), c’est que pour moi un texte écrit devrait avoir le même potentiel qu’une conversation, au cours de laquelle on échange certes des mots, mais aussi tout un registre non verbal, fait de postures et de mimiques, bien plus éloquent que la seule transcription verbale.

Woahhh, j’en fais, des mots !

C’est la vie que je veux dans les mots morts.

Impossible Chronique
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