Archive pour la catégorie ‘Futur’

A propos du blog de J.
Ça fait des semaines maintenant que je ne me préoccupe même plus de corriger les fautes, qu’elles soient d’orthographe, de syntaxe ou même de style. Pourquoi ?
Ben…
Parce qu’il faut bien dire qu’il n’y a pas d’évolution dans l’aspect « thérapie » du process. Il reste toujours obsessionnel : l’amour perdu, le seul le vrai que rien ne remplacera jamais. Ça, c’est la thématique centrale sur laquelle s’appuie tout le reste. Or c’est cet aspect-là seulement qui compte pour moi. Les répétitions ad nauseam de ses heures de lever, de coucher, de ce qu’il a fait, et surtout pas fait, ainsi que la chanson-mantra « le monde est cruel et je suis malheureux », ça ne nous avance guère. Et que penser des phrases du genre « je ne développerai pas » ? Ben c’est dommage, parce que c’est bien en développant un peu qu’on rend intéressantes certaines pensées, y compris les plus perverses, et qu’on peut, peut-être, dénouer/déjouer certains pièges de ses propres pensées.

Et le reste ?
1. Je suis trop nul, mais les autres le sont bien plus que moi. En plus d’être nuls, ils sont stupides. Moi au moins, je suis intelligent. D’accord, je ne fais rien de propre avec mon intelligence. Mais au moins j’en ai. Dommage que cette intelligence ne me serve qu’à me poser des multitudes de questions idiotes, à chercher à m’analyser moi-même, à me regarder d’un point de vue externe imaginaire, à prêter aux autres un avis supposé sur moi (a priori négatif), bref à me perdre au milieu de l’observation. La réciproque est vraie, d’ailleurs : j’analyse les mots et les comportements des autres en projetant sur eux mes propres fonctionnements, que pourtant je sais foireux. (… temporarily)
2. Trop nombreuses sont les références aux petits papotages Facebook, ou Twitter, ainsi qu’aux sms et autres mails privés qui s’échangent entre les gens qui peuplent sa sphère personnelle. On ne sait pas ce qui s’y dit, et on n’a aucune raison d’aller suivre. Donc si le blog est une extension de Facebook et non l’inverse, alors je décroche. Si je ne suis pas en mesure de savoir de quoi il est question, pourquoi irais-je m’immiscer ? Ça deviendrait vite indiscret.
3. Mon propos n’est pas, et ne peut pas être, de faire de la pédagogie sur la dépression. L’essentiel est d’en sortir, non de vaticiner à l’infini pour en décrire les ressorts ou les symptômes. Cependant, il est seul à pouvoir faire le chemin, et un jour ou l’autre il sera bien obligé de le suivre. Quand? Jusqu’ici, il temporise, à coup de bla-bla. Comme au début, il « n’y va pas ».
Il a sa souffrance comme seule compagne, et tous les avis qu’on peut lui donner là-dessus ne seront vécus que comme des intrusions, des sortes de spams qu’on met directement dans la boîte à spams. Sa souffrance, il y tient, fermement, elle lui donne un sentiment d’intensité précieux.
Ben reste où tu es, alors…
4. Autre clé :
Rester dans ma bulle en me plaignant que je suis seul au monde… Me rendre indisponible, inaccessible tellement ma pensée n’est centrée que sur ma propre vie et ma propre mort… et sur comment ELLE m’a laissé tomber et que c’est tout de ma faute…
J’oublie un peu que les gens qui m’entourent peuvent eux aussi avoir une sensibilité. Et que mon superbe isolement peut aussi être interprété comme une attitude de mépris : je suis supérieur et vous n’êtes que des rats, et je suis profondément convaincu de l’inutilité de vous parler. Et/Ou de vous écouter. Et vous n’êtes pas en mesure de me comprendre (vous n’êtes pas assez intelligents).
Ainsi la boucle est bouclée : les gens qui voulaient bien me parler se barrent tous, et me laissent seul dans ma merde parce qu’ils s’en foutent de moi. Hé bin vous avez qu’à tous aller mourir.
(Ose me dire que j’ai tort !)
5. Les médicaments mentent, comme je l’ai dit au début. Ils ne doivent rester qu’un moyen pour « en » sortir, non pour « y » rester. L’introspection ment, elle aussi. Un esprit en cours de dysfonction trouvera toujours toutes les auto-justifications de ses errements. Aucune réflexion ne rapproche d’une solution, et c’est bien le sens premier du mot « réflexion » : On n’arrive plus à regarder ailleurs. Seule compte l’image-reflet, la seule qui capte l’attention. La solution n’arrive qu’au moment où l’on quitte son nombril des yeux.

Ha, juste un truc que je voulais rajouter :

Je ne VEUX PAS que tu reprennes point par point en Blockquote les différents éléments de ce post, pour en réfuter les termes les uns après les autres, ou même y apporter des « précisions » floues. J’aime pas. Fais autrement. (Je sais très bien que tu réfuteras).

Samedi, décembre le 19. Un billet sans sujet, juste pour le plaisir d’écrire
Levé tôt (6 heures), avant même que Chuck.hc n’aille se coucher. Une fois V. partie bosser, et après qu’elle m’ait appelé pour dire qu’elle était bien arrivée, quelques moments personnels de rêvasserie autour du Bubblebreaker de mon téléphone, en laissant la bride sur le cou aux déroulements de mes pensées.
Allumé l’ordinateur à 8 heures.
Le premier acte, après la lecture des mails, consiste à aller, en administrateur, corriger les fautes géantes sur le blog de Chuck.hc. C’est du boulot, mais ça met en train.
Pendant ce temps, je repense à la neige et à la moto. Pas question de rejouer à ça aujourd’hui. Hé Ho ! je suis en vacances ! S’il veut vraiment sa prise de sang, il prendra le train, c’est pas si loing (= long+loin). Mais il vaut mieux qu’il aille se coucher. A la place il scannera ses derniers résultats de CDT et changera la date. Ça ne sera qu’un péché mineur, puisqu’on sait qu’il est totalement abstinent depuis bientôt quatre mois. En fait, le mariage impossible de la neige et de la moto fut la raison principale de mon abandon, l’année dernière, du statut libéral de mon métier d’infirmier. Infirmier libéral à Paris, je pense que c’est incompatible avec une voiture. J’ai fait il y a longtemps déjà un choix et je suis devenu motard. J’y reviendrai sûrement de temps à autre. Dans la catégorie « allure »
Et maintenant voilà, je travaille dans une MAS à trois kilomètres de chez moi, et je pourrais aussi bien y aller en Mobylette.
[Parler de mon métier sera sans doute un des centres principaux d’intérêt de ce blogue en devenir. Les billets correspondant figureront en catégorie « Piqûre », et je mettrai en sous-catégorie le « Bromure and Rocur » qui existe déjà, pour les connaisseurs]. Qu’est-ce qu’une MAS ? Une Maison d’Accueil Spécialisée. On y héberge des adultes en situation de handicap psychique, pour lesquels il n’est pas envisageable de se mélanger avec vous et moi. Autrement dit, il s’agit d’un lieu de privation de liberté, et on y reviendra aussi.
(Et non, c’est pas la peine de le faire, le jeu de mots : on le connaît, je sais, je suis infirmier à la masse, et je soigne des gens à la masse, d’accord, mais maintenant que c’est dit, on n’a plus à y revenir, hein ?)
Allez, la suite.
9 heures, après un peu de lecture, un flot de sujets possibles. « la vie d’un dépressif », « comment réussir à échouer »(Paul Watzlawick, traduit par Anne Lise Hacker—(!) je n’invente rien !) « Journal d’un geek dépressif », « le hacker amoureux ». Quelques titres possibles de billets futurs. Ah, « Futur ». Ça, c’est une bonne catégorie. Comme « Lecture ». On mettra « Usure » en sous-catégorie là-dedans. C’est fou ce que je fais comme parenthèses. Qui, comme on peut se douter, sont des thèses parentes. Non, juste une autre parenthèse lacanienne.
Donc un autre grand thème consistera à parler un peu du grand Chuck.hc, de quand il faisait semblant d’aller bien en buvant du rosé, de comment il allait mal quand sa copine s’est mise avec un jeune con qui boira de la vodka quand il ne conduira plus, c’est-à-dire bientôt, et de comment il ira bien quand il arrêtera de se dire « mais qu’est-ce que je suis mal ! »
Ah oui, et aussi à dire comment il me fait penser à mes propres périodes de dépression. Je ne peux pas comparer, et aucune expérience ne peut servir de leçon ni d’exemple. Fidèle à ma méthode cependant, je glisse de temps en temps des graines qui peuvent, s’il sait s’en occuper, germer en pensées positives, ou servir à lutter contre les négatives. Et pour commencer, il faut bien savoir que ni l’auto-analyse, ni une documentation solide, ne sont d’une quelconque utilité. Au contraire, elles jouent un rôle plutôt négatif.
Il ya ceux qui s’écoutent parler, et ceux qui se lisent écrire (j’en suis). Enfin ceux qui se regardent penser. Ceux-là ont un deuxième train de pensées, qu’ils prêtent à d’imaginaires spectateurs : « qu’est-ce qu’il est intelligent, ce garçon », tout en se répétant « mais qu’est-ce que je peux être con ! »
On y reviendra. Sur l’ambivalence, sur ma propre vie et sur celle d’autres, comme Chuck.hc.

Quelques références…
Raymond Roussel, Ian Watson, Paul Watzlawick, M.F. Hirigoyen, etc, et tant d’autres. N’oublions pas Carlos Castaneda, qui, bien qu’il ait signé une monumentale arnaque, m’a été très utile.

Impossible Chronique
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