Samedi, décembre le 19. Un billet sans sujet, juste pour le plaisir d’écrire
Levé tôt (6 heures), avant même que Chuck.hc n’aille se coucher. Une fois V. partie bosser, et après qu’elle m’ait appelé pour dire qu’elle était bien arrivée, quelques moments personnels de rêvasserie autour du Bubblebreaker de mon téléphone, en laissant la bride sur le cou aux déroulements de mes pensées.
Allumé l’ordinateur à 8 heures.
Le premier acte, après la lecture des mails, consiste à aller, en administrateur, corriger les fautes géantes sur le blog de Chuck.hc. C’est du boulot, mais ça met en train.
Pendant ce temps, je repense à la neige et à la moto. Pas question de rejouer à ça aujourd’hui.
Et maintenant voilà, je travaille dans une MAS à trois kilomètres de chez moi, et je pourrais aussi bien y aller en Mobylette.
[Parler de mon métier sera sans doute un des centres principaux d’intérêt de ce blogue en devenir. Les billets correspondant figureront en catégorie « Piqûre », et je mettrai en sous-catégorie le « Bromure and Rocur » qui existe déjà, pour les connaisseurs]. Qu’est-ce qu’une MAS ? Une Maison d’Accueil Spécialisée. On y héberge des adultes en situation de handicap psychique, pour lesquels il n’est pas envisageable de se mélanger avec vous et moi. Autrement dit, il s’agit d’un lieu de privation de liberté, et on y reviendra aussi.
(Et non, c’est pas la peine de le faire, le jeu de mots : on le connaît, je sais, je suis infirmier à la masse, et je soigne des gens à la masse, d’accord, mais maintenant que c’est dit, on n’a plus à y revenir, hein ?)
Allez, la suite.
9 heures, après un peu de lecture, un flot de sujets possibles. « la vie d’un dépressif », « comment réussir à échouer »(Paul Watzlawick, traduit par Anne Lise Hacker—(!) je n’invente rien !) « Journal d’un geek dépressif », « le hacker amoureux ». Quelques titres possibles de billets futurs. Ah, « Futur ». Ça, c’est une bonne catégorie. Comme « Lecture ». On mettra « Usure » en sous-catégorie là-dedans. C’est fou ce que je fais comme parenthèses. Qui, comme on peut se douter, sont des thèses parentes. Non, juste une autre parenthèse lacanienne.
Donc un autre grand thème consistera à parler un peu du grand Chuck.hc, de quand il faisait semblant d’aller bien en buvant du rosé, de comment il allait mal quand sa copine s’est mise avec un jeune con qui boira de la vodka quand il ne conduira plus, c’est-à-dire bientôt, et de comment il ira bien quand il arrêtera de se dire « mais qu’est-ce que je suis mal ! »
Ah oui, et aussi à dire comment il me fait penser à mes propres périodes de dépression. Je ne peux pas comparer, et aucune expérience ne peut servir de leçon ni d’exemple. Fidèle à ma méthode cependant, je glisse de temps en temps des graines qui peuvent, s’il sait s’en occuper, germer en pensées positives, ou servir à lutter contre les négatives. Et pour commencer, il faut bien savoir que ni l’auto-analyse, ni une documentation solide, ne sont d’une quelconque utilité. Au contraire, elles jouent un rôle plutôt négatif.
Il ya ceux qui s’écoutent parler, et ceux qui se lisent écrire (j’en suis). Enfin ceux qui se regardent penser. Ceux-là ont un deuxième train de pensées, qu’ils prêtent à d’imaginaires spectateurs : « qu’est-ce qu’il est intelligent, ce garçon », tout en se répétant « mais qu’est-ce que je peux être con ! »
On y reviendra. Sur l’ambivalence, sur ma propre vie et sur celle d’autres, comme Chuck.hc.
Quelques références…
Raymond Roussel, Ian Watson, Paul Watzlawick, M.F. Hirigoyen, etc, et tant d’autres. N’oublions pas Carlos Castaneda, qui, bien qu’il ait signé une monumentale arnaque, m’a été très utile.