Ce petit billet est destiné à celui qui ne manquera pas, un jour ou l’autre, de « tomber » là-dessus, soit par hasard parce que j’aurai laissé échapper de quoi m’identifier, soit parce qu’il aura bien cherché, et alors il trouvera.
Il lira avec les yeux de la haine au pire, avec ceux du mépris au mieux.
Je ne compte pas modifier ce parti pris avec ce seul paragraphe. Ni avec les suivants. C’est FINI.

A moins que.

En quoi ce titre se rapporte-t-il à ce billet ??? Mystère… C’est en rapport avec une gêne que le garçon orange éprouve à cause du traitement un peu lourdingue qu’il prend actuellement. Vous savez, celui qui s’intéresse aux expressions de la langue française… Et comme j’aime bien les mots en « ure »… Tiens, il y aura bientôt une catégorie « progéniture ». Mais rien à voir.

On attend encore, à ce jour, qu’il cesse le combat d’arrière-garde de sa reconquête. Celui-là seul, en fait. Que cet immense moulin à vent qui l’occupe cesse d’être un ennemi à vaincre. Que le « Chevalier à la triste figure » veuille bien rendre les armes, en acceptant d’avoir perdu. J’ai pas gagné, qu’on n’en parle plus, l’envahisseur est sur le terrain et plus aucune résistance ne peut plus s’exprimer. Plus d’attentats. Aujourd’hui les enfants des enfants des occupants ont oublié que leurs aïeux ont livré un combat et s’en foutent royalement. Quelques-uns rêvent encore d’Occitanie ou de Bretagne indépendante, mais la plupart sont heureux d’être français, ou encore ont bien mayonnaisé leurs origines.

Des expressions, je ne vais pas en donner des tonnes. Il faudrait qu’elles se présentent à l’esprit, et que précisément à ce moment je sois en mesure de les consigner dans ce blog-notes. Mais voici au moins quelques clichés, en vrac. (Après « rendre les armes » et « combat d’arrière-garde », laissons de côté le langage militaire pour y revenir plus bas.)

Laisser aller. Lâcher prise. Abandonner la partie. Nager dans le sens du courant. Se maintenir à flot. Partir à la dérive. Décrocher. S’accrocher aux branches basses.

Fromage OU dessert. Amour OU liberté.

L’amour ne devrait pas se décrire comme une guerre. Il ne devrait pas se raconter en terme de conquête, de reconquête, ni de défaite ou de territoire à conserver. L’amour n’est pas un moulin à vent ennemi.

Mais où sommes-nous, là ?

Vous rendez-vous compte qu’on se prend à aller vérifier régulièrement, à pas de loup dans sa chambre, s’il respire toujours ?

Alors non, ça ne va pas. On veut s’assurer qu’il n’a pas pris la boîte de médocs entière, histoire de se « mettre en sommeil ».

En vérité, ils sont nombreux, à faire ça. Je parle de ces gens un peu extrêmes, autant dans leurs souffrances que dans leurs joies. En phase dépressive, les risques de passage à l’acte sont toujours présents, en particulier lors des changements de traitement.

Sauras-tu ne pas faire ce que font les autres ? Faire preuve d’un peu d’originalité ? Et cesser de faire peser sur tes proches toute la culpabilité de n’avoir pas su empêcher le terrible geste ? Je n’aimerais pas vivre cela. Et plus je le vois évoluer, ou plutôt NE PAS évoluer dans le courant de sa dépression (pas d’erreur : il s’agit bien d’une dépression grave, non d’un épisode dépressif), plus j’ai peur. J’ai moi-même, par le passé, failli ne pas me rater. Alors laissez-moi avoir peur, et penser que maintenant il faut prendre des risques.

[[J'ai juste effleuré la possible bipolarité thymique de sa psyché. Je pense pouvoir développer ailleurs ce point, auquel je crois, donc on y reviendra, forcément, et en attendant, trouvez-nous une branche basse. Le bouleau, par exemple, ou le boulot] ]

Parce qu’il se raconte et se re-raconte son amour perdu en travestissant la réalité, il se fixe sur un moment de son histoire personnelle en n’avançant plus nulle part..

La réalité de son amour ? Parlons-en un peu. Ça fait mal, quand j’appuie là ?

Attends un peu, t’as pas fini.

Je pense qu’à ce stade de l’histoire, tu as dû t’apercevoir que ce n’es pas parce qu’on a arrêté de mentir que pour autant on se met à dire la vérité. Rappel des faits.

Tu as vingt-quatre ans, et tu te branches avec une nana qui en a 16. Toi tu changes d’histoire d’amour (déjà avec une fille bien plus jeune que toi), tu en largues une tout en conservant avec elle de nombreuses relations, dont le but inavoué est de te permettre de te biberonner sérieux, car déjà tu bois, et déjà tu mens. Bien sûr, les premiers moments sont merveilleux (sauf que t’as déjà pas TOUT dit). Mais ta nouvelle amie vit-elle cette histoire sur le même registre que toi ? Je ne le crois pas, pour elle c’est un premier amour. Contrairement à ce que tu laisses croire, vous n’avez jamais vécu ensemble, à part quelques courtes périodes de vacances. Vous avez tous deux habité chez vos parents, et ça fait une sacrée différence par rapport au discours selon lequel vous avez « construit ensemble ». Au cours de ces vacances, je crois me rappeler que tu t’es toujours ménagé des moments où, seul, tu pouvais faire quelques « courses », par exemple t’envoyer deux-trois godets, du qui fait pas trop sentir l’haleine…

Pour ce que nous avons pu voir de vos relations, je n’ai pas eu, moi, l’impression d’assister à un conte de fée. Entre les nombreuses réflexions ironiques sur sa stupidité et les multiples épisodes où tu l’as bordée, lui as chanté une berceuse quelconque puis plantée là pour aller siffler ton cubitainer de rosé, je n’ai pas vu tellement de moments roses partagés.

Nous avons tous bien vu que cette histoire devenait trop lourde pour une S. trop jeune.

Je ne sais pas, j’avoue, si c’est bien de faire du mal à quelqu’un qui souffre déjà. Mais si on considère qu’il souffre pour de mauvaises raisons, il peut être bénéfique de lui montrer à quel endroit se situe réellement sa douleur. Non ? Je me trompe ?

Mais bon, arrête !

Ce combat, si vraiment tu veux appeler ça un combat, est perdu. Encore une fois, on ne devrait pas parler en langage militaire. Il y a derrière cela des significations de mâle dominant éconduit, sur un terrain de compétition, qu’il me gêne de laisser voisiner avec un amour prétendument partagé. L’amour doit être une CONVERGENCE, non une confrontation. Quand l’un aime encore et que l’autre n’aime plus, alors c’est une divergence, l’histoire s’arrête, point-barre, on change d’histoire et on cesse de pleurnicher sur son propre sort (ça fait mal aussi, là ?). Du moins au bout d’un temps de deuil raisonnable.

Voilà, nous sommes une famille unie, quoique recomposée. Les êtres qui la peuplent sont sensibles, pudiques, n’aiment guère s’exposer, mais savent qu’ils aiment et sont aimés. Ils savent qu’ils sont là les uns pour les autres. Je voudrais t’aider. Voudras-tu bien accepter l’idée d’une réciprocité ?

Je m’explique : nous te savons gré d’avoir conscience que nous sommes là pour toi. Tu nous en a remercié. Sois un peu là pour nous aussi, tu verras que tu en retireras du plaisir.

Et puis, n’oublies jamais un détail : moi 56, ta mère 53, nous ne ferons pas un jour de plus que nécessaire de boulot. Dans peu d’années nous ne pourrons plus subvenir. Et de même que, tu l’as vécu, la vie peut basculer en une seconde, certaines échéances qui paraissent lointaines arrivent bien plus vite qu’on ne le croit.

A toi de jouer, et de gagner.

Voici que Julien se met à jouer avec les expressions. Normal. Dès qu’on se met à écrire, l’effet miroir se fait jour. Si toutefois on se relit. Et dans un miroir, on peut réfléchir…

Vous ne lisez pas assez en profondeur ce que j’écris. Vous, c’est-à-dire mes deux lecteurs et demi, ce dernier n’étant pas identifié, du moins à ce jour.

Il peut paraître curieux qu’un garçon qui s’exprime presque uniquement à base de fautes d’orthographe et de syntaxe s’intéresse aux expressions de la langue française, alors que ses textes, livrés au public, laissent penser qu’il ne prend même pas la peine de se relire, ni bien sûr de se préoccuper d’être lisible. C’est vrai, j’ai du mal : on dirait que ce gars-là ne me respecte pas, et qu’il me laisse toute la vaisselle après s’être assuré que lui-même ait bien mangé. J’ai, pendant quelque temps, repris ses phrases pour qu’elles tiennent debout ["tenir debout"], et puis j’ai vu combien cela m’occupait, sans pour autant que ça ne l’aide vraiment, lui.

(Un peu comme des parents qui continuent à nourrir leur rejeton au-delà du moment où il aurait dû prendre son indépendance.) (Mais ceci n’était « qu’une parenthèse ».)

J’ai par contre déjà utilisé deux fois un mot-clé que je trouve intéressant : OCCUPER. Oui, en cherchant on trouve aussi « préoccuper ». C’est là-dessus que je glose en ce jour.

Savez-vous que j’ai mis quarante-huit (48 !) heures pour écrire les vingt lignes qui précèdent ? Ce n’est sûrement pas parce que je tape lentement. C’est plutôt parce que je suis un homme occupé. Au sens de territoire occupé par des armées d’occupations. (Encore une fois, mes fautes à moi sont voulues, elles donnent du sens en sus).

Je suis préoccupé par la dépression de Julien, par le harcèlement moral subi par ma femme à son boulot, qui fera l’objet, j’espère bientôt, d’un billet, et je suis occupé de nombreuses manières par ces préoccupations. Ah, oui, il y a aussi mon boulot.

Je n’en veux à personne pour m’occuper de la sorte, mais il s’ensuit nécessairement pas mal de frustration. Et quand est-ce que moi je fais MES choses ? Réponse : quand je m’enlèverai les doigts du cul. Parce que j’ai quand même encore du temps libre, et qu’en fais-je ? Je fais la sieste avec les docus de la Cinq, ou je regarde des tutos sur After Effects sur le web. Et le pire, je me contente de les regarder, sans les reproduire, ce qui fait qu’au bout du compte ils ne me servent à rien. A aucun moment je n’entreprends mes propres œuvres, et à cela deux raisons : j’ai conscience de n’avoir pas le temps d’arriver au bout, et, surtout, je suis programmé pour avoir conscience que ce que je fais, c’est, au mieux sans intérêt, au pire de la crotte de marmotte. Sentiment chaque fois renforcé lorsqu’un spectateur éventuel (que j’évite soigneusement) me fait un commentaire ironique qui me disqualifie instantanément. En réalité c’est probablement moi seul qui y vois de l’ironie… Il est vrai que je n’ai pas forcément les mêmes goûts artistiques que lesdits spectateurs, mais que je leur accorde à eux, a priori, plus de crédit qu’à moi-même. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, donc.

En fait, je me plains d’être occupé comme alibi pour ne pas faire les choses que pourtant j’adore faire-mais-que-je-n’ai-pas-le-temps-de-faire. Quelles choses ? Bof, presque rien : des visages animés en 3D avec rendu photo-réaliste, des animations-montages vidéo avec post-prod intéressante, bancs titres animés et même textes (animés), bref plein de « trucs » qui me prendraient, en fait, des jours entiers, voire des semaines, à réaliser. Sauf que ce serait une occupation contre une autre. Les gens qui connaissent un peu le monde de la 3D savent que ça prend une vie.

Comme tout le monde, je fais des petits trucs dans les trous, et j’attends la retraite en sachant que je ne ferai sans doute rien de mieux. Puisque quoi qu’il arrive, je me débrouillerai pour être encore occupé par ceci-cela.

Je suis occupé parce que je le veux bien. Par le passé, les seules fois où ma patience s’est tarie, je me suis contenté de partir. Ici, je me sens toujours bien et j’espère ne jamais avoir envie de partir. J’écris cela juste pour renforcer quelque chose, de l’ordre de l’affirmation de mon amour pour les gens qui m’entourent et me le rendent bien, et auxquels je pardonne le fait de m’occuper. Puisque je m’occupe tout seul, sans qu’on me le demande.

Quatrième jour de rédaction de cet article. 8 heures.

Occupations de ce jour : Moto-taxi pour emmener Julien voir son psy, rendez-vous du jeudi à 8 heures 45, départ dans une demi-heure. Suivi de deux heures de queue à la sous-préfecture de Sarcelles, pour essayer une troisième fois de récupérer son permis. Qu’est-ce qu’ils vont inventer cette fois-ci ? Une bouteille d’acide renversée par mégarde dans la nuit juste dans le bac où il se trouve ? (Il faut que je raconte ça un jour, encore un truc « à faire » pour m’occuper). Ensuite, retour dans la région. Selon l’heure, arrêt vraisemblable pour s’acheter deux grecs chez le grec. Puis  retour maison, manger, doucher, raser, et, enfin, aller au boulot ! La joie. Fin vers 21 heures 15.

Et vous voulez que je fasse des billets quand ?

Que Dieu ou qui vous voudrez vous occupe. Ça, c’est de la thérapie.

Addendum de 11 heures :

Ben finalement non, j’ai foiré le scénar. Les ordinateurs de la sous-préfecture fonctionnaient, il n’y avait pas 72 mètres de pré-queue sans ticket ni 150 personnes en queue avec ticket. Et le permis de Julien n’était pas dissous. Il est beau, il est neuf. Toutefois  il a un peu plus d’un mois d’arnaque  puisqu’ils n’ont pas pour autant prorogé la durée de validité.
Au final on est sortis à 9 h 45, petit passage à la pharmacie pour son polystyrène expansé jaune (Zyprexa®), et retour maison à 10 h 15.
Me reste donc 3 h30 de calme, mais toujours pas de quoi entreprendre un (grand) projet.

Tiens, m’en vais regarder des tutos en pdf sur zBrush 3.5 R3. Ça changera d’After.

      J’ai rencontré Jacques Fradin vers l’année 1985, ou 86, je ne sais plus.

      Il venait de commencer des ateliers de thérapie instinctive et comportementale.

      Attention, il ne s’agissait pas d’instinctothérapie, et il s’inscrivait bien en faux contre Guy-Claude, lequel prônait aussi de laisser tomber la médecine allopathique classique y compris en cas de cancer (et plus tard de SIDA, qui arrivait alors). Au contraire, Jacques Fradin, lui, était bien un médecin. D’ailleurs j’imagine qu’il l’est toujours. Et même pas besoin d’imaginer longtemps, suffit de googler un p’tit coup : c’est beau, les outils modernes de copains d’avant et toute cette sorte de merde… Mais continuons. Médecin, oui, et surtout homéopathe, réputé s’il en fut.

      <[parenthèse]>

      Je m’étais rendu à ses ateliers, invité par l’ami C.Magot, kiné de son état et malheureux en ménage. Le but, me déstresser, décompresser d’une situation que je vivais avec douleur, voir plus clair, décrypter certaines contractures surprenantes. Oh, rien de bien difficile au fond. Mais ces séances étaient vouées à l’échec, plombées à l’avance pour une raison bien simple : c’est que mon épouse, que je tenais pour la raison principale de mon stress, était là également.

      Et, passés les premiers moments où, dans ce genre de groupe de thérapie, on consacre quelques épisodes un peu timide-gêné à se présenter, dire ce qui ne va pas dans notre vie et ce qu’on attend, j’ai compris rapidement que j’allais tout bêtement me faire, une fois de plus, voler l’espace de vie personnelle que je recherchais. J’ai commencé à m’exposer, quelques phrases… et puis ELLE m’a coupé la parole et à fini par raconter SA vie à ELLE. Bien sûr, tout le monde s’en est rendu compte, sauf elle, et lorsque JF s’est retourné vers moi, ostensiblement, pour m’aider à poursuivre, eh bien je me suis refermé, et n’ai pas voulu en dire plus long. Fin des fradinades, encore appelées « Écoute instinctive ».

      </[parenthèse]>

      Où est-ce donc bien que je veux en venir ?

      Je voudrais juste exposer comment j’ai fait connaissance, grâce à lui, à une schématisation claire des travaux de Laborit sur les instincts, et sur les répercussions physiologiques des différents « états » :

    • Activation de l’action d’une part
    • Et d’autre part
      • Fuite
      • Lutte
      • Inhibition
      Ces deux « pôles » sont régis l’un par un circuit dit de plaisir-récompense, l’autre par un circuit de souffrance-peur-punition. Ce dernier est responsable de la sécrétion notamment de cortisol puis de cortisone/adrénaline-noradrénaline. (Attention, c’est clairement schématique, hein. Pour la partie neurobiologique, se reporter aux travaux de Laborit entre autres).

      Un déséquilibre entre ces deux pôles fera nécessairement surgir une, voire des maladies. Le circuit de Peur-souffrance-punition est « activé » par une réaction logique à un stress : menace d’un prédateur, menace sur mon beefsteack par un dominant-concurrent, atteinte à ma progéniture… On rappelle ici que les états instinctifs décrits ici sont eux-mêmes des réponses naturelles à des instincts, lesquels sont au nombre de trois : BOIRE, BOUFFER, BAISER. C’est la règle des trois B, bien connue des spécialistes. On peut regrouper boire et manger dans une sur-catégorie « Vivre ». Toute menace sur la vie entraîne une réaction :

    1. En milieu ouvert, c’est la fuite qui prime (normalement, car ensuite il existe des pathologies et des perversions de la réponse).
    2. En milieu clos, regardez les rats, c’est la lutte qui s’impose.
    3. Enfin, lorsqu’aucune solution n’offre la possibilité d’un retour normal à la situation « Activation de l’action », il reste l’inhibition : la proie-mulot se fige et « fait le mort » en espérant que le busard, là-haut, le perdra de vue, car tout mouvement le dévoilera.
    4. Je crois qu’il est clair à partir de là qu’on peut déjà faire quelques parallèles par rapport à certains types de maladies, dont le caractère psychosomatique n’est pas à démontrer (exemple typique de l’infarctus du myocarde : on a le plus souvent affaire à des hommes dont l’expression est la lutte. Autoritaires, tonitruants, buvant sec et profitant de la vie… Au départ il s’agit d’une réponse à une situation de frustration/punition. Cette situation est oubliée mais le stress n’a pas été résolu et donc le retour à l’activation n’a pas pu se faire. Et s’ensuivent des troubles pléthoriques de sur-compensation…) (Autre exemple, la dépression, mais ça…)

      Pour Fradin, être capable de se mettre à l’écoute de son corps pouvait revenir à faire un diagnostic précis de la situation de stress qui avait engendré tel ou tel symptôme particulier. Par exemple, une douleur ou une contracture musculaire située sur la cuisse, ou encore une clonie de cette même zone, pouvait traduire un désir de fuite, en réaction à une menace. Il s’agissait bien d’instinct au sens le plus basique du terme, puisqu’il fait appel à la partie reptilienne de notre cerveau, de celui en tous cas que nous possédions AVANT d’appeler un chat un chat. On l’appelle le rhinencépale et c’est lui qui traite les odeurs. Comme chacun sait, l’olfaction est le sens premier (1ère paire crânienne). Mais je ne vais pas faire que des phrases à double sens, non plus. C’est aussi par l’olfaction que l’on peut se plaire. C’est-à-dire évaluer la quantité respectives d’oestrogènes ou de testostérone qu’on va trouver chez l’autre.

      J’ignore quels furent les développements ultérieurs des techniques que Jacques Fradin était à l’époque en train de mettre au point, il y a déjà vingt-cinq ans. Mais je ne doute pas qu’il a bien avancé dans cette voie, attendu que ce type-là était (est) brillantissime. Comme j’avais trouvée brillante l’idée selon laquelle l’Homme, seul mammifère du règne l’animal à éprouver le besoin de consommer le lait d’une autre race mammifère au-delà de la période normale de sevrage, était également la seule race à connaître l’ostéoporose. Bon, ça peut se discuter. Eh bien, bonne chance. Je crois que c’est la première fois aujourd’hui que j’effleure un peu mon passé personnel.

    

    A propos du blog de J.
    Ça fait des semaines maintenant que je ne me préoccupe même plus de corriger les fautes, qu’elles soient d’orthographe, de syntaxe ou même de style. Pourquoi ?
    Ben…
    Parce qu’il faut bien dire qu’il n’y a pas d’évolution dans l’aspect « thérapie » du process. Il reste toujours obsessionnel : l’amour perdu, le seul le vrai que rien ne remplacera jamais. Ça, c’est la thématique centrale sur laquelle s’appuie tout le reste. Or c’est cet aspect-là seulement qui compte pour moi. Les répétitions ad nauseam de ses heures de lever, de coucher, de ce qu’il a fait, et surtout pas fait, ainsi que la chanson-mantra « le monde est cruel et je suis malheureux », ça ne nous avance guère. Et que penser des phrases du genre « je ne développerai pas » ? Ben c’est dommage, parce que c’est bien en développant un peu qu’on rend intéressantes certaines pensées, y compris les plus perverses, et qu’on peut, peut-être, dénouer/déjouer certains pièges de ses propres pensées.

    Et le reste ?
    1. Je suis trop nul, mais les autres le sont bien plus que moi. En plus d’être nuls, ils sont stupides. Moi au moins, je suis intelligent. D’accord, je ne fais rien de propre avec mon intelligence. Mais au moins j’en ai. Dommage que cette intelligence ne me serve qu’à me poser des multitudes de questions idiotes, à chercher à m’analyser moi-même, à me regarder d’un point de vue externe imaginaire, à prêter aux autres un avis supposé sur moi (a priori négatif), bref à me perdre au milieu de l’observation. La réciproque est vraie, d’ailleurs : j’analyse les mots et les comportements des autres en projetant sur eux mes propres fonctionnements, que pourtant je sais foireux. (… temporarily)
    2. Trop nombreuses sont les références aux petits papotages Facebook, ou Twitter, ainsi qu’aux sms et autres mails privés qui s’échangent entre les gens qui peuplent sa sphère personnelle. On ne sait pas ce qui s’y dit, et on n’a aucune raison d’aller suivre. Donc si le blog est une extension de Facebook et non l’inverse, alors je décroche. Si je ne suis pas en mesure de savoir de quoi il est question, pourquoi irais-je m’immiscer ? Ça deviendrait vite indiscret.
    3. Mon propos n’est pas, et ne peut pas être, de faire de la pédagogie sur la dépression. L’essentiel est d’en sortir, non de vaticiner à l’infini pour en décrire les ressorts ou les symptômes. Cependant, il est seul à pouvoir faire le chemin, et un jour ou l’autre il sera bien obligé de le suivre. Quand? Jusqu’ici, il temporise, à coup de bla-bla. Comme au début, il « n’y va pas ».
    Il a sa souffrance comme seule compagne, et tous les avis qu’on peut lui donner là-dessus ne seront vécus que comme des intrusions, des sortes de spams qu’on met directement dans la boîte à spams. Sa souffrance, il y tient, fermement, elle lui donne un sentiment d’intensité précieux.
    Ben reste où tu es, alors…
    4. Autre clé :
    Rester dans ma bulle en me plaignant que je suis seul au monde… Me rendre indisponible, inaccessible tellement ma pensée n’est centrée que sur ma propre vie et ma propre mort… et sur comment ELLE m’a laissé tomber et que c’est tout de ma faute…
    J’oublie un peu que les gens qui m’entourent peuvent eux aussi avoir une sensibilité. Et que mon superbe isolement peut aussi être interprété comme une attitude de mépris : je suis supérieur et vous n’êtes que des rats, et je suis profondément convaincu de l’inutilité de vous parler. Et/Ou de vous écouter. Et vous n’êtes pas en mesure de me comprendre (vous n’êtes pas assez intelligents).
    Ainsi la boucle est bouclée : les gens qui voulaient bien me parler se barrent tous, et me laissent seul dans ma merde parce qu’ils s’en foutent de moi. Hé bin vous avez qu’à tous aller mourir.
    (Ose me dire que j’ai tort !)
    5. Les médicaments mentent, comme je l’ai dit au début. Ils ne doivent rester qu’un moyen pour « en » sortir, non pour « y » rester. L’introspection ment, elle aussi. Un esprit en cours de dysfonction trouvera toujours toutes les auto-justifications de ses errements. Aucune réflexion ne rapproche d’une solution, et c’est bien le sens premier du mot « réflexion » : On n’arrive plus à regarder ailleurs. Seule compte l’image-reflet, la seule qui capte l’attention. La solution n’arrive qu’au moment où l’on quitte son nombril des yeux.

    Ha, juste un truc que je voulais rajouter :

    Je ne VEUX PAS que tu reprennes point par point en Blockquote les différents éléments de ce post, pour en réfuter les termes les uns après les autres, ou même y apporter des « précisions » floues. J’aime pas. Fais autrement. (Je sais très bien que tu réfuteras).

    Samedi, décembre le 19. Un billet sans sujet, juste pour le plaisir d’écrire
    Levé tôt (6 heures), avant même que Chuck.hc n’aille se coucher. Une fois V. partie bosser, et après qu’elle m’ait appelé pour dire qu’elle était bien arrivée, quelques moments personnels de rêvasserie autour du Bubblebreaker de mon téléphone, en laissant la bride sur le cou aux déroulements de mes pensées.
    Allumé l’ordinateur à 8 heures.
    Le premier acte, après la lecture des mails, consiste à aller, en administrateur, corriger les fautes géantes sur le blog de Chuck.hc. C’est du boulot, mais ça met en train.
    Pendant ce temps, je repense à la neige et à la moto. Pas question de rejouer à ça aujourd’hui. Hé Ho ! je suis en vacances ! S’il veut vraiment sa prise de sang, il prendra le train, c’est pas si loing (= long+loin). Mais il vaut mieux qu’il aille se coucher. A la place il scannera ses derniers résultats de CDT et changera la date. Ça ne sera qu’un péché mineur, puisqu’on sait qu’il est totalement abstinent depuis bientôt quatre mois. En fait, le mariage impossible de la neige et de la moto fut la raison principale de mon abandon, l’année dernière, du statut libéral de mon métier d’infirmier. Infirmier libéral à Paris, je pense que c’est incompatible avec une voiture. J’ai fait il y a longtemps déjà un choix et je suis devenu motard. J’y reviendrai sûrement de temps à autre. Dans la catégorie « allure »
    Et maintenant voilà, je travaille dans une MAS à trois kilomètres de chez moi, et je pourrais aussi bien y aller en Mobylette.
    [Parler de mon métier sera sans doute un des centres principaux d’intérêt de ce blogue en devenir. Les billets correspondant figureront en catégorie « Piqûre », et je mettrai en sous-catégorie le « Bromure and Rocur » qui existe déjà, pour les connaisseurs]. Qu’est-ce qu’une MAS ? Une Maison d’Accueil Spécialisée. On y héberge des adultes en situation de handicap psychique, pour lesquels il n’est pas envisageable de se mélanger avec vous et moi. Autrement dit, il s’agit d’un lieu de privation de liberté, et on y reviendra aussi.
    (Et non, c’est pas la peine de le faire, le jeu de mots : on le connaît, je sais, je suis infirmier à la masse, et je soigne des gens à la masse, d’accord, mais maintenant que c’est dit, on n’a plus à y revenir, hein ?)
    Allez, la suite.
    9 heures, après un peu de lecture, un flot de sujets possibles. « la vie d’un dépressif », « comment réussir à échouer »(Paul Watzlawick, traduit par Anne Lise Hacker—(!) je n’invente rien !) « Journal d’un geek dépressif », « le hacker amoureux ». Quelques titres possibles de billets futurs. Ah, « Futur ». Ça, c’est une bonne catégorie. Comme « Lecture ». On mettra « Usure » en sous-catégorie là-dedans. C’est fou ce que je fais comme parenthèses. Qui, comme on peut se douter, sont des thèses parentes. Non, juste une autre parenthèse lacanienne.
    Donc un autre grand thème consistera à parler un peu du grand Chuck.hc, de quand il faisait semblant d’aller bien en buvant du rosé, de comment il allait mal quand sa copine s’est mise avec un jeune con qui boira de la vodka quand il ne conduira plus, c’est-à-dire bientôt, et de comment il ira bien quand il arrêtera de se dire « mais qu’est-ce que je suis mal ! »
    Ah oui, et aussi à dire comment il me fait penser à mes propres périodes de dépression. Je ne peux pas comparer, et aucune expérience ne peut servir de leçon ni d’exemple. Fidèle à ma méthode cependant, je glisse de temps en temps des graines qui peuvent, s’il sait s’en occuper, germer en pensées positives, ou servir à lutter contre les négatives. Et pour commencer, il faut bien savoir que ni l’auto-analyse, ni une documentation solide, ne sont d’une quelconque utilité. Au contraire, elles jouent un rôle plutôt négatif.
    Il ya ceux qui s’écoutent parler, et ceux qui se lisent écrire (j’en suis). Enfin ceux qui se regardent penser. Ceux-là ont un deuxième train de pensées, qu’ils prêtent à d’imaginaires spectateurs : « qu’est-ce qu’il est intelligent, ce garçon », tout en se répétant « mais qu’est-ce que je peux être con ! »
    On y reviendra. Sur l’ambivalence, sur ma propre vie et sur celle d’autres, comme Chuck.hc.

    Quelques références…
    Raymond Roussel, Ian Watson, Paul Watzlawick, M.F. Hirigoyen, etc, et tant d’autres. N’oublions pas Carlos Castaneda, qui, bien qu’il ait signé une monumentale arnaque, m’a été très utile.

    Impossible Chronique
    janvier 2012
    L Ma Me J V S D
    « jan    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031